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Mars 2009 : Publicité de l’alcool sur le Net : une avancée satisfaisante



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 « L'alcool, il y a deux versions, a dit un jour Jacques Dutronc, soit c'est un ennemi qui te veut du bien mais qui te fait du mal, soit c'est un ami qui te veut du mal, mais qui te fait du bien ». Voilà un paradoxe qui s’applique parfaitement au débat qui a fait couler beaucoup d’encre, à défaut d’autres breuvages plus goûteux.

Disons-le clairement : pour l’IAB, le vote récent de l’Assemblée nationale de l'amendement sur l’autorisation de la publicité pour l’alcool sur le Net est pleinement satisfaisant. D’abord, parce que ce texte clarifie le vide juridique existant dans le secteur jusqu'à aujourd'hui (la loi Evin de 1991 ignorait Internet). Ensuite, parce qu’il ne faut pas se voiler la face : à l’heure où la crise freine les investissements publicitaires dans tous les secteurs, c’est l’ouverture bienvenue d’un nouveau marché pour nombre d’annonceurs.


Et puis, ce vote « récompense » en quelque sorte notre association qui, dans ce débat, est intervenue très en amont. Souvenez-vous : nous avions contribué à la réflexion dans le cadre des travaux d'un groupe de travail rattaché au Forum des droits sur l’Internet sur la publicité en ligne.
Cette initiative avait ensuite donné lieu à une recommandation dans laquelle nous plaidions pour « une ouverture raisonnée » de la publicité sur Internet pour les boissons alcoolisées, de pair avec l’élaboration d’une charte pour bien encadrer les pratiques de promotion en ligne.

Si le texte doit encore passer devant les sénateurs, le vote définitif est en bonne voie. Reste que cette autorisation ne doit pas déboucher sur un grand « n’importe quoi ». Sur ce point, nous ne pouvons que nous féliciter des dispositions prises par le législateur. La publicité pour les marques d’alcool demeure interdite sur les sites « édités par des associations, sociétés et fédérations sportives ou des ligues professionnelles » et ceux « principalement destinés à la jeunesse ». De plus, les annonceurs seront tenus d’observer des règles éthiques : pas de publicités pour l’alcool intrusives, ni de pop-ups ou d'e-mails non sollicités.

L’IAB a donc un grand rôle à jouer pour veiller à ce que les pratiques des professionnels restent dans le périmètre souhaité d’une « ouverture contrôlée et encadrée ». Nous allons nous y atteler avec les compétences et les qualités qui sont les nôtres : vigilance et imagination. Et pourquoi ne pas s’inspirer du regretté Pierre Dac qui conseillait : « greffez des plants de rosiers sur des plants de vigne, ça fera du vin rosé naturel !».
 
Jérôme de Labriffe
Président de l’IAB France