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Mai 2009 : Cookies « opt-in » : l’IAB reste vigilante



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Si l’histoire ne repasse pas les plats, selon le dicton bien connu, elle nous propose parfois des recettes bien éprouvées. J’en veux pour preuve le retour sous les feux de l’actualité de la question sensible de la gestion des cookies, ces petits fichiers que nous stockons (ou pas, car c’est notre droit) sur notre disque dur lorsqu’on nous naviguons sur la toile.
 

 

Rappelons qu’actuellement prévaut l’approche opt-out (droit de refuser): la mise en place de cookies ne réclame ni d’intervention ni d’autorisation de la part de l’internaute. Libre à chacun d’effacer les cookies quand il le désire, voire de configurer son navigateur Internet pour les refuser systématiquement.
 
Or, dans le cadre de la révision des directives européennes « e-privacy » (relatives aux communications électroniques), il a été proposé à la Commission européenne d’appliquer une nouvelle approche aux cookies, celle de l’opt-in (consentement préalable). Autrement dit, avant chaque intrusion ou modification, l’internaute doit être non seulement prévenu, mais aussi donner son accord dans la majorité des cas. 
Cette question avait déjà été traitée et (nous semble-t-il) épuisée en 2002. Pour l’instant adopté par le Parlement Européen, cet amendement doit encore être définitivement validé par le Conseil des Ministres de l’Union Européenne. Et l’IAB France reste vigilante, car une telle mesure serait non seulement catastrophique pour le commerce électronique et provoquerait un effondrement des revenus publicitaires, mais affecterait aussi les internautes eux-mêmes dans leur pratique du Net.

 
Dans cette histoire, sous le prétexte légitime de protéger l’internaute, n’a-t-on pas confondu les cookies avec d’autres applications autrement plus nuisibles comme les spywares et autres applets java capables de fouiller un disque dur et… qui ignorent toute législation ? Les cookies ne contiennent aucune information nominative, ne sont lisibles que par celui qui les a implantés et sont stockés dans un répertoire bien identifié.
 
Ensuite, si les cookies sont essentiels pour les sociétés de l’Internet qui en tirent des informations stratégiques décisives, on dit moins que les internautes profitent aussi de ces petits programmes qui s’avèrent bien pratiques pour reconnaître leur passage, leur éviter de répéter la saisie des mêmes informations, identifier un abonnement, personnaliser les services et les offres en fonction de leur parcours et empêcher l’exposition excessive aux mêmes publicités.
Adopter le principe de l’opt-in serait une entrave à la navigation fluide et rapide des internautes. Soit cela reviendrait à leur demander à chaque fois, par un avertissement qui aurait la forme d'une fenêtre pop-up (les pop-ups n’étant pas, je le rappelle, conseillés par l’IAB, pour des questions de sécurité informatique), leur autorisation avant tout envoi de cookies. On imagine que face aux demandes permanentes envahissant leur écran et à l’accès ralenti aux services en ligne, ces internautes finiraient très vite par s’irriter. Voire, pour nombre d’entre eux, à abandonner purement et simplement le média Internet.
Ou bien cela impliquerait de renoncer aux cookies, avec ce que cela implique en termes de détérioration de la qualité de navigation, de pertes d’informations fondamentales pour la mesure d’audience et donc de perte de fiabilité de la publicité en ligne dont je n’ai pas besoin de vous rappeler qu’elle constitue une source vitale de revenus pour nombre d’éditeurs de sites.
Pour l’heure, l’approche opt-in n’est donc pas encore retenue et nous espérons éviter un scénario aux conséquences désastreuses. Pour cela, notre association se doit de demeurer vigilante et de travailler toujours davantage afin que les pouvoirs publics agissent en concertation avec le secteur de la publicité interactive dont on sait aujourd’hui la volonté de s’autoréguler.
 
Jérôme de Labriffe
Président de l’IAB France